"Patates chaudes" entre Généalogie et Emotions. Découvrez le lien...


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QUELS BIENFAITS AURIEZ-VOUS À CONNAÎTRE VOTRE HISTOIRE FAMILIALE ?

I. Pensez-vous que les émotions ont un lien avec votre passé ?

A. Qu’est-ce qu’une émotion ? Isabelle Filliozat, Psychothérapeute et auteure du livre « Que se passe-t-il en moi ? », définit une émotion de la façon suivante : E-Motion (E=vers extérieur, Motion=mouvement). L’émotion est un mouvement qui sort, une réponse physiologique à une stimulation. Les émotions font parties de notre équipement de survie et ne durent que quelques minutes au plus. Elles sont notre système de guidage : s’éloigner de ce qui est nocif, aller vers ce qui nous plaît. Citons les principales : peur, colère, tristesse, joie, amour, dégoût. Une émotion est déclenchée par la blessure, la frustration, le danger, la rupture, elle est l'outil utilisée par le corps pour se réparer. Elle n'est pas le problème, elle est le travail de la guérison. Il arrive que nos émotions ne nous appartiennent pas. Quand il nous arrive des réactions excessives, elles peuvent être motivées par nos expériences passées : ou parce que nos parents ou grands-parents nous ont passés des scénarios inachevés, ou des modèles de sentiments. Il est fréquent que la transmission saute une génération. « Nous sommes des réponses à des questions non résolues de nos ancêtres », disait Carl Gustav Jung. Nous héritons d'un bagage inconscient lié aux émotions refoulées par nos grands-parents, arrière-grands-parents et au-dessus. Enfant, nous nous sentons dans l'obligation de « réparer » nos parents. Nous sentons leur faille, leur blessure, leur souffrance et en prenons – inconsciemment – l'expression en charge. Nous nous engageons dans des processus de répétition de ce qu'ont traversé nos ancêtres ; non par plaisir de souffrir, mais pour essayer de faire mieux, de trouver une solution plus harmonieuse.

B) Comment s'en libérer ? Une compréhension du mécanisme des émotions est nécessaire. Une pacification également, car les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises, il n'y a pas de jugement à avoir, même pour la colère qui doit être exprimée de manière juste. Pour réparer nos blessures, nous avons besoin de retrouver les émotions qui n'ont pu être dites et leur fournir un espace d'expression. Essayer de remonter au plus loin dans ses souvenirs puis arriver à se replonger dedans. Voyez votre ressenti et se poser la question de quoi auriez-vous eu besoin à ce moment-là pour gérer la situation au mieux ? Il sera parfois nécessaire de se faire accompagner par une personne compétente.

Voici le processus de guérison à adopter pour se libérer d’émotions : • Reconnaître la réalité de son histoire, sortir de l'idéalisation de ses parents. C'étaient des humains qui ont fait avec ce qu'ils connaissaient ;

• Lever le voile de l'oubli, grâce à la colère libérée par exemple par écrit et déchirée, oser l'émotion ; • Faire le tri et clarifier les émotions qui surviennent, Identifier chaque émotion et ses causes ; • Ressentir et traverser nos émotions ;

• Guérison intérieure : l'adulte d'aujourd'hui va fournir à l'enfant qu'il était ce dont il avait besoin à ce moment-là : écoute, respect, tendresse, protection, information…

• Expression aux parents responsables de la blessure (enseignants, frères, oncles...) d'une colère saine (sans jugement). La colère est l'émotion de réparation ! Réparation de soi et de la relation à l'autre. • Demande de réparation.

• Quand les émotions ont été entendues, les blessures reconnues, la réparation reçue, la compassion et le pardon surviennent naturellement. Le pardon est impossible si la réalité de la souffrance n'a pas été entendue, si la justice et la vérité n'ont pas été rétablies. Nous avons également besoin de connaître notre histoire, celle de nos ancêtres, car ce que l'on garde en soi inconsciemment va former notre futur. Si vos parents sont encore en vie, profitez de cette opportunité pour en savoir davantage, pour pouvoir pister les transmissions générationnelles. La transmission des « patates chaudes » est un processus naturel, il n'y a personne à blâmer. Toute situation non gérée, toute blessure restée ouverte passe à la génération suivante, charge à cette dernière de trouver une solution acceptable. Une fois que le problème n'est plus actif, il ne se transmet plus.

II. La quête de son histoire familiale pour se libérer de ses émotions A. La généalogie, une pratique bienfaitrice pour se libérer émotionnellement.

Depuis quelques années, déjà, la généalogie connaît un grand boom. Aujourd’hui réaliser son arbre généalogique permet : de redonner vie à des ancêtres tombés dans l’oubli ; de (re) découvrir des modes de vie qui sont parfois différents des nôtres. De mieux comprendre nos racines. En effet, au-delà de la simple recherche d’ancêtres, se cache un autre aspect celui de la construction de soi. De ce fait, la généalogie permet non seulement d’effectuer un voyage dans le temps à la recherche de ses ancêtres, mais elle permet, surtout, de comprendre son passé pour mieux-vivre son présent. En ce sens, comment une histoire familiale passée peut-elle avoir des conséquences sur notre quotidien ? Et bien cela se traduit par une analyse transgénérationnelle qui veut que les traumatismes et non-dits vécus par nos ancêtres pourraient se répercuter dans notre vie. Consciemment, cela se traduit par des troubles psychologique ou physique. Christine Ulivucci, psychothérapeute, emploie le terme de fantômes transgénérationnel, justement pour définir ces troubles. Ainsi réaliser un arbre généalogique représente un travail thérapeutique, on parle alors de psychogénéalogie crée par Anne Ancelin Schützenberger, elle-même psychologue. En effet, certaines phobies que nous avons ancrées au plus profond de nous peuvent être liées à des événements familiaux traumatisants plus ou moins proches de nous. Autrement dit, les événements heureux ou malheureux vécus par nos aïeux pourraient avoir une résonance sur nos propres problèmes. Plus concrètement cela peut se matérialiser à travers un cancer, dans des répétitions amoureuses négatives, des faillites, des échecs professionnels récurrents, etc. Ainsi prendre conscience de ses troubles physiques ou psychiques et en rechercher la cause dans son passé familial permet de s’en libérer pour soi et pour les générations futures.

B. Comment faire quand le passé est lourd à porter : le cas concret des secrets de familles. Chacun d’entre nous peut, à tout moment de la vie, avoir entendu parler d’un secret de famille. Lourds à porter ces non-dits, se transmettent de génération en génération. Selon la manière dont ils sont accueillis, ils peuvent changer le cours de notre existence, voire celles de nos descendants, et nous hanter sur plusieurs générations. Un secret de famille, qu’est-ce que c’est ? Plusieurs cas de figure existent. Premièrement, il y a les faits que nous avons nous-mêmes commis et que l’on cache. Deuxièmement, il y a ceux dont on a entendu parler et que l’on cache. Remontant à un lointain passé, ces secrets pèsent encore sur notre famille, voire sur nous-même. Ces secrets de familles ont pour thématique la mort, les origines, la sexualité, la stérilité, le divorce, la maladie mentale, le handicap,… C’est, bien souvent, le sentiment de honte qui fait d’un événement anodin un véritable secret de famille et que l’on croit lourd à porter comme l’indique Yvane Wiart, auteure de « L’attachement, un instinct oublié ». Certains praticiens émettent même qu’un secret de famille va jusqu’à transformer profondément l’ADN de celui qui le détient, et que cela se transmet de génération en génération. Mais pour d’autres spécialistes, c’est la façon dont on apprend un secret de famille qui nous fait souffrir et non le contenu même du secret. Ce secret de famille peut donc affecter notre comportement, nos humeurs et l’éducation que l’on peut donner à ses enfants. Alors faut-il révéler un secret de famille ou non ? Conserver un secret de famille peut avoir des conséquences lourdes. Il semble également important de révéler celui-ci avec l’accord d’autres membres de la famille concernés. Un secret révélé le plus tôt possible aura moins de conséquence nocive sur l’ensemble de la famille et les générations futures.

Article de Reine Grosz Prêtre (Ecocoach – pour en savoir plus : www.ecoloensoi.com) & Pierre-François Foulquier (Service de généalogie)